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26/09/2011
Orange et une Offre Sociale Internet ?
 Une initiative des pouvoirs publics dans le secteur internet a été entendue par Orange qui s'engage à proposer une offre sociale de l'internet en france d'ici 6 mois avec des critères bien définis par le Gouvernement. [...]


VoIP et téléphonie sur DSL


Aujourd’hui après des années de tâtonnements, la téléphonie sur Internet est sortie des cercles d’amateurs de nouvelles technologies pour toucher à la fois les entreprises et les résidentiels. La téléphonie sur Internet en est encore à ses débuts sur les marchés des entreprises et résidentiels. Par contre, le protocole IP est utilisé par les opérateurs pour le transport de la voix en longue distance ou à l’international. Ainsi des millions de personnes téléphonent déjà via IP sans le savoir, puisque leurs communications transitent à un moment ou un autre sur un réseau IP. En 2003, selon TeleGeography, près de 13 % des appels internationaux ont été acheminés par Internet, soit un total de 25 milliards de minutes.

Certains opérateurs historiques comme Telecom Italia ont déjà investi pour la mise en place de réseaux VoIP longue distance : ainsi aujourd’hui, tous les appels passés entre Rome et Milan transitent sur le réseau VoIP de l’opérateur italien.

Autre exemple, France Télécom commercialise une offre de VoIP en Asie du Sud Est à destinations des opérateurs téléphoniques, afin de diminuer leurs coûts de terminaison d’appel : 450 destinations d’arrivée sont proposées.

En 2002 et 2003, les premières offres de VoIP sur VPN IP, c’est-à-dire sur réseaux privés virtuels de moyennes ou grandes entreprises, ont été lancées. Ainsi, à l’automne 2003, AT&T a annoncé le lancement d’un service VoIP sur son offre VPN MPLS pour ses clients moyennes et grandes entreprises, en commençant par les Etats-Unis.

De même, France Télécom/Equant a annoncé à Télécom Genève 2003 le lancement de son service « e-téléphonie » en France ; Equant disposait déjà d’une offre VoIP pour ses clients multinationaux.

Enfin, l’année 2003 fut marquée par le développement d’offres de téléphonie IP sur DSL pour le grand public en Europe et surtout aux Etats-Unis et en Asie.

VoIP pour l’entreprise

Examinons en premier lieu quelques aspects des attraits de la VoIP pour l’entreprise. Tout d’abord les entreprises les plus concernées sont aujourd’hui les moyennes et grandes entreprises disposant déjà d’un VPN IP reliant leurs différents sites. Plusieurs arguments militent en faveur de la voix sur IP :
- Le transport à moindre frais de la voix entre sites : la VoIP ramène tous les appels sur le OnNet, c’est-à-dire sur le réseau privé de l’entreprise.
- La pérennisation de l’investissement : un central téléphonique ou PABX est habituellement amorti sur une période de cinq à huit ans. Or, les constructeurs opèrent actuellement un basculement spectaculaire vers l’IP. Donc si leurs offres traditionnelles doivent encore être conservées un certain temps au catalogue, on peut penser qu’elles disparaîtront d’ici moins de cinq ans. Par conséquent, le remplacement d’un PABX en bout de course ou l’équipement d’un nouveau site par un central téléphonique utilisant le protocole IP (nommé PBX IP), représente donc un choix stratégique bien plus pérenne.
- La simplification de l’infrastructure réseau en migrant la voix et les données sur IP : sur un réseau étendu, le protocole IP permet souvent une réduction du nombre de liens, notamment lorsque les anciens PABX étaient interconnectés via des liaisons louées dédiées ou des circuits virtuels Frame Relay. En effet, tous les flux passent alors par un VPN/IP.
- Une administration plus simple et des possibilités de mobilité facilitées au sein de l’entreprise : alors que les PABX classiques nécessitent l’intervention d’un prestataire ou d’un spécialiste pour le moindre déménagement d’un utilisateur, l’usage d’un PBX IP s’avère alors beaucoup plus souple. Les postes téléphoniques ne sont plus physiquement attachés à des lignes, et un utilisateur peut conserver son numéro en cas de déplacement vers un autre bureau ou même sur un autre site.
- La fourniture de services téléphoniques identiques pour tous les sites : grâce à la centralisation du gestionnaire d’appels, le moindre site distant bénéficie de la même richesse de services téléphoniques que le siège de l’entreprise. Ainsi, même le poste d’un télétravailleur sera vu et géré comme un employé normal.
- La possibilité de fondre la voix dans l’organisation du Système d’Information et par conséquent de diminuer le nombre de prestataires : les PABX classiques permettent une intégration totale avec le système d’information, qu’il s’agisse de réaliser une messagerie unifiée, de centraliser un annuaire, ou de s’interfacer avec une application de gestion de la relation client. Mais une telle intégration a un coût, notamment lié au serveur CTI (couplage téléphonie /informatique) qui est dédié, plus ou moins propriétaire, et souvent complexe à mettre en oeuvre. Cette fonction CTI est nativement présente sur une plate-forme PBX IP. Les téléphones deviennent pour leur part des terminaux informatiques offrant un accès à des applications. Ainsi le passage à la VoIP s’accompagne généralement d’une absorption de la téléphonie par le service informatique, ce qui conduit à une réduction d’effectifs ou au redéploiement du personnel.

Au Japon, Yahoo BB, filiale à 100 % de Softbank et 2ème FAI DSL du pays, est le leader mondial en termes d’abonnés téléphonie sur DSL. Ainsi sur 4,3 millions d’abonnés DSL à la fin de juin 2004, Yahoo BB comptait plus de 4 millions d’abonnés à son offre BB Phone de téléphonie sur DSL, soit plus de 93 % de ses clients DSL. L’offre BB Phone est gratuite pour les abonnés DSL. Les appels entre abonnés Yahoo BB sont gratuits, tandis que la communication nationale est facturée à 0,06 € les trois minutes contre 0,15 € pour un opérateur classique. Yahoo! BB affirme aujourd’hui que BB Phone sert essentiellement de produit d’appel pour conquérir de nouveaux abonnés DSL.

Aux Etats-Unis, le marché VoIP résidentiel est encore modeste avec environ 1 million d’utilisateurs à la fin de 2003, dont 150 à 200 000 abonnés payants. 2003 et 2004 auront été des années significatives aux Etats-Unis pour la téléphonie sur IP. En effet, des opérateurs spécialisés dans ce domaine se sont affirmés et le régulateur américain, la FCC, a pris une première position sur le sujet.

On notera tout d’abord qu’il existe aux Etats-Unis beaucoup d’offres gratuites de type PC to PC comme Skype ou SIP Phone et même des services de messageries instantanées comme ceux de Yahoo et de Microsoft. Mais on compte également des offres payantes comme Packet8 ou Vonage.

En mars 2004, Vonage est le leader du marché américain avec près de 116 000 abonnés payants et un rythme de 5 000 abonnés supplémentaires par semaine. Pour celui qui veut s’abonner à Vonage, il faut disposer au préalable d’une connexion haut débit DSL ou câble ; Vonage fournit alors un adaptateur que l’on insère entre le PC et le modem DSL ou câble. Cet adaptateur permet ainsi de relier son téléphone RTC classique à un accès DSL ou câble modem. Les frais d’activation sont de 29,99 $, ensuite plusieurs forfaits sont proposées dont notamment une offre à 34,99 $/mois pour un forfait illimité pour les communications aux Etats-Unis + Canada.

Vonage a des accords avec des fournisseurs d’accès DSL majeurs aux Etats-Unis comme Earthlink par exemple. On notera que plusieurs services à valeur ajouté sont offerts gratuitement : identification de l’appelant, boite vocale et renvoi d’appel vers sa messagerie électronique, transfert d’appel, conférence à 3…

On peut également disposer d’un autre numéro dit virtuel avec par exemple, un area code californien, alors qu’on habite à New York : cela permet aux californiens de vous joindre à New York au prix d’une communication locale. Le prix de cette option est de 4,99 dollars/mois.

Le succès même modeste pour l’instant de Vonage qui vise tout de même les 300 000 abonnés à la fin de 2004, n’a pas tardé de provoquer la réaction des Baby Bells. Ainsi, en 2004, toutes les Baby Bell ont lancé ou annoncé des offres VoIP, destinées aux résidentiels ou aux PME :
- Qwest sur l’état du Minnesota,
- SBC sur 13 Etats,
- Bell South sur 9 Etats,
- Verizon avec un déploiement national d’abord au 2ème trimestre pour les résidentiels, puis pour les PME au 4ème trimestre, avec une offre incluant une option de Qualité de Service

De même, AT&T qui proposait déjà des services de VoIP aux entreprises a lancé au début de 2004, des services VoIP locaux et longue distance dans les grandes villes des Etats-Unis ; le service se nomme CallVantage et vise 1 million d’abonnés à fin de 2005.

L’autre opérateur longue distance MCI doit également lancer son service VoIP d’ici à la fin de 2004. En effet pour ces opérateurs longue distance américains, la VoIP est un moyen d’investir le marché de la téléphonie locale.

A noter enfin que les câblo-opérateurs majeurs comme Time Warner Cable, Cable Vision ou Comcast proposent également des services VoIP sur câble. Sur les plaques Time Warner équipées, 27 % des abonnés haut débit, c’est-à-dire 10 % du total des abonnés, ont souscrit à l’offre VoIP.

Ainsi aux Etats-Unis, à la fin du 1er trimestre 2004, on comptait près de 170 000 abonnés VoIP.

VoIP pour les résidentiels : Europe

Si l’on examine la situation en Europe, on s’aperçoit que les précurseurs se situent surtout du côté des accès par fibre optique ou FTTH. C’est le cas notamment de B2 en Suède qui a lancé son service de VoIP sur accès FTTH, en janvier 2003, sur 40 villes. En mars 2004, B2 comptait près de 46 000 abonnés VoIP à comparer à ses 108 000 abonnés FTTH.

Autre précurseur, FastWeb en Italie, avait à la mi 2004 près de 417 500 abonnés haut débit + téléphonie IP dont 57 % via DSL. Côté téléphonique, chaque jour, plus de 3,5 millions d’appels en VoIP sont effectués sur le réseau de FastWeb.

En Allemagne, l’opérateur DSL QSC a également lancé son service de VoIP sur DSL, nommé Ipfonie.

Sur le marché français, à la fin de l’été 2003, deux offres de téléphonie sur DSL on été lancées par Free autour de boîtiers triple play avec sa Freebox et puis par neuf telecom avec « Tout 9 ». Initialement ces deux offres étaient uniquement disponibles sur zones dégroupées, mais Free offre aujourd’hui sa « Freebox » à tous ses abonnés. Les appels entre abonnés téléphonie sur DSL de chaque opérateur sont gratuits (ce sont les appels dit OnNet), mais aussi vers une ligne fixe depuis mars 2004 pour Free. Pour les deux offres, on peut se connecter à Internet et téléphoner en même temps.

Quelques particularités de l’offre Freebox : pour les appel entrants, les abonnés disposent d’un numéro spécial de type 0870, ce qui permet de facturer tous les appels entrants quel que soit le lieu d’appel en France comme des appels locaux ; cela rappelle l’offre ligne virtuelle de Vonage. Cependant l’appelant ne peux inclure l’abonné Freebox dans des forfaits type Primaliste ou Trois numéros illimités. De plus, les appels depuis un mobile vers une Freebox sont hors forfait. A la fin de 2004, le tarif forfaitaire est de 29,99 €/mois pour un accès Internet de 1 à 15 Mbps + téléphonie illimitée vers une ligne fixe.

Côté neuf telecom et son offre « Tout 9 », pour les appels entrants, les abonnés disposent d’un numéro classique à 10 chiffres. Une offre modulable est proposée par neuf telecom, couplant accès haut débit et téléphonie illimitée en France.

D’autres offres sont apparues courant 2004 en France (Cegetel ou Tiscali pour les PME) et notamment le boîtier triple play « livebox » commercialisé par France Télécom. La fusion entre neuf et telecom devrait apporter certains changements.

La VoIP et enjeux réglementaires

Si l’on examine les quelques enjeux réglementaires majeurs autour de la téléphonie sur accès haut débit, on notera tout d’abord la prise de position de la FCC. En effet, le 12 février 2004, aux Etats-Unis, la FCC a pris une première décision qui rassure les acteurs VoIP américains, mais qui ne clôt pas le débat. Celui-ci concernait depuis des mois, la question de rattacher ou non la VoIP à la législation sur la téléphonie traditionnelle. Cela ne va pas sans conséquences, car un tel rattachement implique immédiatement le lourdes contraintes financières et techniques pour les acteurs VoIP comme le paiement de lourdes taxes, impôts et autres régulations gouvernementales.

La décision de la FCC du 12 février ne rattache pas à la législation sur la téléphonie traditionnelle les acteurs de VoIP de type PC to PC (c’est-à-dire les Free World Dial Up, Skype et autres Messageries Instantanées). En effet, la FCC assimile la téléphonie sur IP via PC à une communication par e-mail ou à tout autre application de type peer-to- peer. Ainsi, un vide juridique subsiste pour les services de type PC to Phone ou Phone to Phone comme celui fourni par Vonage. La crainte est que certains états (au niveau des PUC) se mettent à réguler en propre : le Minnesota avait demandé par exemple, en août 2003 à Vonage, une licence d’opérateur de téléphonie RTC.

Avec l’arrivée des offres résidentielles de téléphonie sur DSL, un débat similaire devrait s’engager prochainement en Europe. Le nouveau cadre réglementaire européen semble favorable au développement de la VoIP. En effet, les obligations les plus significatives sont réservées aux acteurs disposant sur leur marché d’un pouvoir significatif « Significative Market Power » pour reprendre le terme anglo-saxon exact. Ainsi un opérateur VoIP ne semble pas concerné, si on considère le parc RTC en Europe avec près 130 millions de lignes RTC

VoIP : questions clés

La question du modèle économique pour la téléphonie sur DSL est aussi d’actualité avec l’apparition de nouveaux modes de facturation : forfaits illimités et gratuité pour les appels « OnNet » et vers des numéros fixes. La téléphonie sur DSL pour résidentiel restera-t-elle longtemps un simple produit d’appel pour recruter des abonnés DSL, comme cela semble le cas notamment aujourd’hui au Japon et en France ?

La VoIP constitue-t-elle un menace pour les opérateurs historiques ? En effet, la téléphonie fixe en France représente encore 47 % du chiffre de France Télécom. La gratuité des services voix à valeur ajoutée à l’image de ce que fait Vonage, peut également amputer une partie des revenus des opérateurs historiques, issus des abonnés RTC. En même temps, en Europe, ce sont ces mêmes opérateurs historiques qui dominent encore le marché final DSL, à l’image de Wanadoo en France qui contrôlait encore à la mi-2004 près de 47 % du marché final haut débit en France. Ils sont donc les mieux positionnés pour réagir sur une offre de téléphonie sur DSL, le risque de cannibalisation de leurs abonnés RTC étant élevé.

Enfin, on peut se poser la question de l’impact de le téléphonie sur DSL sur des opérateurs alternatifs qui possèdent une base RTC déjà en place (en France, Cegetel et Tele2 avec respectivement plus de 3 millions d’abonnés ou neuf telecom avec plus de 1 million d’abonnés). Pour ces opérateurs, les risques de cannibalisation semblent aussi élevés. Quant-est-il des coûts de migration de leurs abonnés RTC vers des offres VoIP par rapport aux économies de frais d’interconnexion ? Comment la téléphonie sur DSL Entreprises ou Résidentiels va-t-elle améliorer l’ARPU, et avec quel services ?